Aller au contenu

TMS et ergonomie

Sédentarité au travail : un risque discret à intégrer à votre évaluation

Rester assis sept heures par jour n'est pas un confort, c'est une contrainte. La sédentarité professionnelle produit des effets progressifs sur la santé, sans accident déclencheur. Voici comment repérer les situations concernées et agir par l'organisation plutôt que par la seule bonne volonté individuelle.

Mis à jour le Davy Loones — Solution Prévention Temps de lecture estimé :

Observation ergonomique d'un poste de travail avec l'équipe — illustration de l'article sur sédentarité au travail

La sédentarité au travail désigne les situations où l'activité professionnelle se déroule majoritairement en position assise, avec une dépense énergétique très faible. Elle concerne les postes administratifs, mais aussi les postes de conduite, de surveillance, de télésurveillance ou de contrôle.

Ce risque a longtemps été absent des évaluations parce qu'il ne produit aucun événement identifiable. Il apparaît pourtant dans la plupart des organisations tertiaires, et il s'est accentué avec le développement du travail à distance et des réunions en visioconférence.

Sédentarité ou manque d'activité : deux notions distinctes

Une personne peut pratiquer une activité physique régulière en dehors du travail et rester exposée à la sédentarité professionnelle : ce qui compte, c'est la durée des périodes assises sans interruption. Une marche le soir ne compense pas huit heures d'immobilité fractionnées uniquement par la pause déjeuner.

Cette distinction a une conséquence directe sur les mesures à retenir : proposer une salle de sport n'est pas une réponse à la sédentarité. Réduire la durée continue de la position assise en est une.

Les effets observés

Les organismes de prévention associent la position assise prolongée à des effets sur la santé cardiovasculaire et métabolique, ainsi qu'à des troubles musculosquelettiques du dos, de la nuque et des membres inférieurs. L'intensité de ces effets dépend de la durée d'exposition, de l'aménagement du poste et des possibilités de mouvement.

S'y ajoutent des effets indirects sur le travail lui-même : baisse de vigilance en fin de journée, inconfort qui détourne l'attention, gêne accrue chez les personnes présentant déjà des restrictions. Il s'agit de constats à replacer dans chaque contexte, sans en tirer de conclusion individuelle.

La sédentarité se combine presque toujours au travail sur écran et, parfois, à des facteurs de risques psychosociaux : réunions enchaînées, charge de travail qui décourage toute pause, sentiment de devoir rester visible. L'évaluation doit regarder ces trois dimensions ensemble.

Repérer les situations concernées

Plutôt qu'un questionnaire général, nous utilisons quelques indicateurs simples, observables lors d'une visite ou lors d'un échange avec l'encadrement.

  • Durée moyenne des périodes assises sans interruption
  • Nombre de réunions consécutives dans la journée type
  • Possibilité matérielle de travailler debout ou de se déplacer
  • Localisation des imprimantes, sanitaires, salles de pause et espaces d'échange
  • Part du travail réalisée à distance et équipement disponible au domicile
  • Existence de temps de travail réellement libres de sollicitation

Des mesures organisationnelles avant tout

LevierExemple concretCondition de réussite
Organisation des réunionsDurée par défaut réduite, pause intercalée, réunions courtes possibles deboutRègle portée par l'encadrement, pas seulement affichée
Aménagement des espacesPoste réglable en hauteur pour les postes très exposés, espaces d'échange deboutChoix ciblé après analyse, pas équipement généralisé
Répartition des tâchesAlternance entre travail sur écran, échanges et tâches nécessitant un déplacementCompatible avec la charge réelle du service
TélétravailÉquipement adapté, cadrage des horaires, droit à la déconnexion effectifAccord ou charte appliqué et connu

Le mobilier réglable en hauteur peut être pertinent, mais il ne produit d'effet que s'il est réglé, utilisé et accompagné. Nous recommandons de le réserver, dans un premier temps, aux postes les plus exposés identifiés par l'analyse.

Inscrire la sédentarité dans le document unique

La sédentarité s'évalue par unité de travail, comme tout autre risque. Nous décrivons la situation réelle — durée assise, possibilités de mouvement, part de télétravail — puis les mesures existantes et celles à engager. La cotation tient compte de la durée d'exposition, faute de quoi ce risque disparaît mécaniquement du plan d'action.

Prenons l'exemple d'une structure de 60 personnes réparties entre un siège et deux antennes. L'analyse montre que la contrainte n'est pas identique : au siège, les réunions s'enchaînent sans interruption ; dans les antennes, les déplacements sont fréquents mais les postes moins bien équipés. Un plan d'action unique aurait été inefficace pour les deux.

Faire vivre ces mesures dans la durée

La sédentarité résiste bien aux campagnes ponctuelles : quelques semaines après une action de sensibilisation, les habitudes reviennent si l'organisation n'a pas changé. C'est un sujet qui se traite dans le suivi annuel, avec des indicateurs simples revus chaque année.

L'accompagnement annuel Solution Prévention intègre l'actualisation du document unique, le suivi du plan d'action, un audit annuel de repérage des risques psychosociaux et l'accès à Prévention Connect. Il démarre à 2 000 € HT par an, avec 500 € HT de mise en service la première année, hors frais de déplacement. Vous pouvez aussi consulter les tarifs et estimer votre budget avant tout échange.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

La sédentarité doit-elle figurer dans le DUERP ?

Le document unique doit couvrir l'ensemble des risques auxquels les personnes sont exposées. Lorsque la position assise prolongée caractérise une unité de travail, elle a vocation à y figurer avec les mesures associées.

Faut-il équiper tous les postes en bureaux assis-debout ?

Ce n'est ni nécessaire ni toujours efficace. Mieux vaut cibler les postes les plus exposés après analyse, accompagner le réglage et vérifier l'usage réel quelques mois plus tard.

Le télétravail aggrave-t-il la sédentarité ?

Il peut la renforcer en supprimant les déplacements et en facilitant l'enchaînement des réunions. L'évaluation doit porter sur l'équipement, l'organisation des horaires et les possibilités réelles d'interruption.

Quelles actions donnent des résultats visibles rapidement ?

Dans la plupart des organisations, la révision des durées de réunion et l'instauration d'interruptions régulières produisent des effets perceptibles sans investissement matériel.

Aller plus loin

Étudier les besoins de mon organisation

Nous analysons vos unités de travail les plus exposées, proposons des mesures réalistes et assurons leur suivi dans le temps.

Sur le même thème

Organisation et conditions de travail