La prévention des risques professionnels repose sur quelques notions simples mais souvent confondues. Cette confusion a des conséquences très concrètes : un document unique qui liste des dangers sans analyser les expositions n'évalue rien, et un plan d'action centré sur la réparation ne réduit pas la sinistralité.
Danger, risque, exposition, dommage
| Notion | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Danger | Propriété intrinsèque d'un produit, d'un équipement ou d'une situation susceptible de causer un dommage | Un solvant inflammable et nocif |
| Exposition | Mise en contact d'une personne avec le danger, avec une durée et une intensité | Utilisation du solvant 2 heures par jour sans ventilation |
| Risque | Combinaison de la probabilité d'un dommage et de sa gravité | Probabilité d'intoxication ou d'incendie liée à cette utilisation |
| Dommage | Atteinte effective à la santé ou à l'intégrité physique | Accident du travail ou maladie professionnelle reconnue |
Retenir cette chaîne est déterminant : on supprime un danger, on réduit une exposition, on maîtrise un risque. Un même danger ne produit pas le même risque selon l'organisation du travail, la fréquence des opérations et les moyens de protection disponibles.
Prévention primaire, secondaire, tertiaire
- Prévention primaire : agir sur les causes pour éviter l'apparition du risque (conception, substitution, organisation). C'est le niveau le plus efficace et le plus durable.
- Prévention secondaire : réduire les effets d'une exposition qui subsiste (protection, surveillance, formation, dépistage précoce).
- Prévention tertiaire : limiter les conséquences d'un dommage déjà survenu (soins, maintien en emploi, prévention de la désinsertion professionnelle).
Une démarche exclusivement composée d'actions secondaires et tertiaires traite les conséquences sans réduire l'origine du problème. La prévention primaire doit toujours être examinée en premier.
Le travail réel, pas le travail prescrit
Une démarche de prévention crédible s'appuie sur l'activité réellement exercée, pas sur la fiche de poste. Les écarts entre le travail prescrit et le travail réel — contournements, ajustements, urgences, modes dégradés — sont précisément là où se logent les risques. C'est pourquoi l'observation des situations de travail et le dialogue avec les salariés concernés sont irremplaçables.
Une obligation de résultat en matière de moyens
L'employeur est tenu d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cette obligation ne se limite pas à respecter des règles techniques : elle suppose d'évaluer les risques, d'agir en amont et de réexaminer régulièrement les mesures prises. Le juge apprécie la réalité des actions engagées, pas seulement l'existence de documents.
Les acteurs de la prévention
- L'employeur, responsable de la démarche et de son financement
- Le ou les salariés désignés compétents en santé-sécurité
- Le CSE, et la CSSCT lorsqu'elle existe
- Le service de prévention et de santé au travail (SPST) et le médecin du travail
- Les organismes de prévention : Carsat, INRS, OPPBTP selon le secteur
- Les intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP) externes
