L'évaluation des risques professionnels (EvRP) est une obligation de l'employeur : elle consiste à identifier les dangers, analyser les expositions réelles des salariés et hiérarchiser les risques pour décider des actions à mener. Son résultat est transcrit dans le document unique, mais l'évaluation ne se confond pas avec le document : c'est une démarche, pas un formulaire.
Découper l'entreprise en unités de travail
L'unité de travail est la maille d'analyse. Elle peut correspondre à un métier, à un lieu, à un poste ou à un type d'activité. Le découpage doit être suffisamment fin pour que les expositions décrites soient homogènes, et suffisamment large pour rester exploitable. Une unité « personnel administratif » regroupant vingt fonctions différentes n'a aucune valeur analytique.
Identifier les dangers à partir du travail réel
- Observer les situations de travail, y compris les phases de maintenance, de nettoyage et de dépannage souvent oubliées
- Interroger les salariés sur les difficultés rencontrées et les modes dégradés utilisés
- Recenser les produits chimiques présents et leurs fiches de données de sécurité
- Prendre en compte les risques organisationnels et psychosociaux, pas seulement matériels
- Intégrer les situations exceptionnelles : intervention d'entreprises extérieures, travail isolé, astreinte
Estimer et hiérarchiser les risques
La cotation n'est pas une science exacte : elle sert à classer, pas à mesurer. Une grille simple et constante vaut mieux qu'une grille complexe appliquée de façon variable. Les critères les plus utilisés sont la gravité potentielle, la probabilité d'occurrence et, souvent, le nombre de personnes exposées.
| Critère | Échelle courante | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Gravité | Bénin / Sérieux / Grave / Très grave | Coter le dommage potentiel, pas le dommage habituellement observé |
| Probabilité | Rare / Occasionnel / Fréquent / Permanent | Tenir compte de la fréquence réelle de l'exposition |
| Personnes exposées | 1 / quelques-unes / toute une équipe | Un risque modéré touchant tout un service peut passer devant un risque grave isolé |
| Maîtrise existante | Aucune / partielle / efficace | Permet de distinguer le risque brut du risque résiduel |
Le but de la cotation est de rendre les arbitrages discutables et traçables. Une note ne remplace jamais une décision : c'est l'employeur qui choisit les priorités et les assume.
Les erreurs les plus fréquentes
- Reprendre une trame générique sans l'adapter à l'activité réelle de l'entreprise
- Évaluer depuis un bureau, sans observation de terrain ni échange avec les salariés
- Oublier les activités ponctuelles : maintenance, nettoyage, chargement, interventions extérieures
- Négliger les risques psychosociaux et organisationnels
- Coter tous les risques au même niveau, ce qui rend la hiérarchisation inutilisable
- Ne pas relier chaque risque significatif à une action dans le plan d'action
Quand faut-il réévaluer ?
L'évaluation est mise à jour au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins onze salariés, et à chaque décision d'aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité, ainsi que lorsqu'une information supplémentaire intéressant l'évaluation d'un risque apparaît — un accident, un signalement ou un changement de procédé, par exemple.
