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Démarche de prévention

Mettre en œuvre une démarche de prévention : les étapes qui la rendent opérationnelle

Une démarche de prévention se construit comme un projet : un pilote identifié, un état des lieux, des priorités assumées et un suivi dans le temps. Sans ces éléments, l'évaluation des risques reste un document et le plan d'action une intention.

Mis à jour le Davy Loones — Solution Prévention Temps de lecture estimé :

Visite de prévention en entreprise et analyse de la situation de travail — illustration de l'article sur démarche de prévent…

La plupart des entreprises savent ce qu'elles devraient faire en matière de prévention. Ce qui manque le plus souvent, c'est une méthode de mise en œuvre : qui pilote, avec quel temps, selon quel calendrier, et comment on vérifie que les actions produisent un effet.

Étape 1 : engager la direction et désigner un pilote

La démarche commence par une décision explicite de la direction : objectifs, moyens alloués, personne chargée du suivi. L'employeur doit par ailleurs désigner un ou plusieurs salariés compétents pour s'occuper des activités de protection et de prévention des risques. À défaut de compétence interne disponible, il peut faire appel à un intervenant extérieur.

Étape 2 : réaliser l'état des lieux

  • Rassembler les données existantes : accidents du travail, maladies professionnelles, absentéisme, presqu'accidents
  • Récupérer les documents disponibles : document unique, rapports de vérifications périodiques, fiche d'entreprise du SPST
  • Recenser les unités de travail réelles et les effectifs concernés
  • Identifier les projets à venir susceptibles de modifier les expositions (nouveaux locaux, nouvelles machines, réorganisation)

Étape 3 : évaluer les risques sur le terrain

L'évaluation s'appuie sur l'observation des situations de travail et sur des entretiens avec les salariés concernés. Elle aboutit à un inventaire des risques par unité de travail, hiérarchisé selon la gravité potentielle, la probabilité d'occurrence et le nombre de personnes exposées. Ce résultat est transcrit dans le document unique.

Étape 4 : construire un plan d'action hiérarchisé

Élément du planCe qu'il doit contenir
ActionMesure précise, formulée en termes vérifiables
Niveau de préventionSuppression, substitution, protection collective, organisation, protection individuelle, information
ResponsableUne personne nommée, pas un service
ÉchéanceUne date réaliste, tenant compte des contraintes budgétaires
MoyensBudget, temps, compétences nécessaires
Indicateur de réalisationComment on saura que l'action est effective et efficace

Un plan d'action comportant uniquement des actions de formation et de rappel de consignes signale que les mesures en amont n'ont pas été examinées.

Étape 5 : suivre et réévaluer

Le suivi suppose un rendez-vous régulier, idéalement trimestriel, où l'on vérifie l'avancement des actions et où l'on intègre les événements survenus depuis : accidents, presqu'accidents, changements d'organisation. La mise à jour du document unique découle naturellement de ce suivi, au lieu d'être un exercice annuel réalisé dans l'urgence.

Quels indicateurs suivre ?

  • Indicateurs de résultat : nombre d'accidents avec arrêt, taux de fréquence, taux de gravité, maladies professionnelles déclarées
  • Indicateurs d'activité : taux de réalisation du plan d'action, nombre de situations analysées, nombre de presqu'accidents remontés
  • Indicateurs de moyens : temps consacré à la prévention, budget engagé, personnes formées

Les indicateurs de résultat seuls sont trompeurs dans les petites structures : une année sans accident n'y prouve pas la maîtrise du risque. Ils doivent être combinés à des indicateurs d'activité.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Par où commencer une démarche de prévention ?

Par un engagement explicite de la direction et la désignation d'un pilote, puis par un état des lieux appuyé sur les données existantes : accidents, absentéisme, document unique et vérifications périodiques.

À quelle fréquence faut-il suivre le plan d'action ?

Un point trimestriel est un rythme réaliste pour la plupart des structures. Il permet d'intégrer les événements survenus et d'éviter une mise à jour annuelle réalisée dans l'urgence.

Faut-il un salarié dédié à la prévention ?

L'employeur doit désigner un ou plusieurs salariés compétents pour s'occuper des activités de protection et de prévention. La fonction peut être exercée à temps partiel, à condition que le temps et les compétences soient réellement disponibles.

Quels indicateurs utiliser dans une petite entreprise ?

Les indicateurs d'activité (taux de réalisation du plan d'action, situations analysées, presqu'accidents remontés) sont plus parlants que les seuls indicateurs d'accidents, statistiquement peu significatifs sur de faibles effectifs.

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