Les champs électromagnétiques (CEM) sont produits par tout appareil ou installation utilisant l'électricité. Dans la plupart des situations de travail, les niveaux rencontrés sont faibles et ne présentent pas de danger. Mais certains équipements ou procédés industriels génèrent des champs suffisamment intenses pour justifier une vigilance particulière et une évaluation dédiée.
Ce risque reste peu visible dans les entreprises, car il ne provoque ni douleur immédiate ni signal d'alerte perceptible. Il fait pourtant l'objet d'une réglementation spécifique et doit être pris en compte dans le document unique dès lors que des sources significatives sont présentes.
Quelles sont les principales sources d'exposition ?
- Équipements de soudage et de chauffage par induction
- Postes de radiofréquence et de haute fréquence utilisés en industrie
- Antennes et équipements de télécommunication
- Appareils d'imagerie médicale, notamment l'IRM, en secteur de santé
- Certains équipements de démagnétisation ou de contrôle non destructif
- Lignes et postes électriques de forte puissance
La plupart des équipements de bureau, éclairages et installations électriques classiques génèrent des champs très inférieurs aux niveaux de préoccupation. Le risque concerne avant tout des postes de travail spécifiques et identifiables.
Des effets qui dépendent de l'intensité et de la fréquence
Les effets potentiels des champs électromagnétiques varient selon leur fréquence et leur intensité. Ils peuvent aller de sensations transitoires à des perturbations plus significatives pour certains organes, en particulier lors d'expositions élevées et prolongées. Ces effets sont documentés par les autorités sanitaires et servent de base aux valeurs limites d'exposition fixées par la réglementation.
Un point de vigilance particulier concerne les personnes porteuses de dispositifs médicaux implantés actifs, comme les stimulateurs cardiaques. Pour elles, des interférences peuvent survenir à des niveaux d'exposition bien inférieurs à ceux affectant la population générale.
Identifier les travailleurs particulièrement vulnérables
- Salariés porteurs de dispositifs médicaux implantés actifs ou passifs
- Femmes enceintes, par principe de précaution
- Salariés porteurs d'autres dispositifs médicaux, sur avis du médecin du travail
L'employeur doit être informé de ces situations, dans le respect de la confidentialité médicale, afin d'adapter l'affectation aux postes concernés. C'est un point à aborder avec le service de prévention et de santé au travail dès l'embauche ou lors d'un changement de poste.
Comment évaluer le risque dans votre entreprise
| Étape | Contenu |
|---|---|
| Recensement | Lister les équipements et procédés susceptibles de générer des champs significatifs |
| Documentation | Rassembler les notices techniques et déclarations de conformité des fabricants |
| Mesurage | Faire réaliser des mesures par un organisme compétent lorsque le doute persiste |
| Comparaison | Confronter les résultats aux valeurs déclenchant l'action prévues par le Code du travail |
| Plan d'action | Définir les mesures de réduction, de signalisation et d'information des salariés |
Dans de nombreux cas, les données fournies par le fabricant de l'équipement suffisent à démontrer la conformité. Un mesurage spécifique n'est nécessaire que lorsque ces informations sont absentes ou insuffisantes, ou lorsque les conditions d'usage réelles diffèrent des conditions d'essai.
Les mesures de prévention à mettre en place
- Éloigner les postes de travail des sources les plus intenses lorsque c'est possible
- Réduire la durée d'exposition par la rotation ou l'organisation du travail
- Utiliser les protections et écrans prévus par le fabricant de l'équipement
- Signaler les zones à risque par une signalisation adaptée
- Informer et former les salariés concernés sur la nature du risque
- Consigner l'évaluation, ses résultats et les mesures prises dans le document unique
Intégrer ce risque au document unique
Même lorsque l'exposition est faible, il est utile de tracer la réflexion menée dans le DUERP : équipements recensés, conclusion sur le niveau d'exposition, mesures déjà en place. Cette traçabilité protège l'entreprise et permet de réagir rapidement en cas d'évolution des équipements ou des procédés.
