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Accidents et sécurité

Chutes de plain-pied, glissades et heurts : agir sur les causes réelles

Les chutes de plain-pied comptent parmi les accidents du travail les plus fréquents, tous secteurs confondus. Elles sont pourtant presque toujours classées « inattention » et n'entraînent aucune mesure. Voici comment analyser ces événements et transformer le constat en actions concrètes.

Mis à jour le Davy Loones — Solution Prévention Temps de lecture estimé :

Analyse de sécurité après un incident sur le lieu de travail — illustration de l'article sur chute de plain-pied

Une chute de plain-pied survient sans dénivelé : on glisse, on accroche un obstacle, on est déséquilibré par un mouvement contrarié. Ces événements paraissent anodins, jusqu'au poignet fracturé ou à l'entorse qui immobilise plusieurs semaines. Ils touchent aussi bien les ateliers que les bureaux, les cuisines, les écoles ou les services techniques d'une collectivité.

Dans la pratique, nous constatons régulièrement une même formulation dans les déclarations : « a glissé, manque d'attention ». Cette explication ferme l'analyse au lieu de l'ouvrir. Personne ne décide de glisser : il existe toujours des conditions qui ont rendu la chute possible.

Trois mécanismes distincts, trois logiques d'action

La glissade

Elle traduit un défaut d'adhérence entre la chaussure et le sol : eau, graisse, poussière, revêtement inadapté, sol fraîchement lavé. C'est le mécanisme le plus fréquent dans les cuisines, les locaux d'entretien, les zones de réception et les extérieurs par temps humide.

Le trébuchement

Il résulte d'un obstacle imprévu : câble, palette, seuil, revêtement décollé, carton déposé « pour cinq minutes ». Il est directement lié au rangement, à l'organisation des flux et à l'entretien des locaux.

La perturbation du mouvement

Elle regroupe les déséquilibres sans obstacle ni glissade : un demi-tour rapide, un porte qui s'ouvre, une charge qui masque la vue, un heurt contre un angle. Ce mécanisme, longtemps négligé, explique une part importante des accidents en circulation intérieure.

Distinguer ces trois mécanismes change complètement le plan d'action : un revêtement antidérapant ne règle pas un problème d'obstacle, et le rangement ne compense pas une visibilité insuffisante dans un couloir.

Les facteurs qui reviennent le plus souvent

  • Sols dégradés, joints creux, revêtements inadaptés à l'usage réel du local
  • Nettoyage réalisé pendant l'activité, sans signalisation ni séchage
  • Zones de circulation utilisées comme stockage temporaire
  • Éclairage insuffisant dans les couloirs, réserves, escaliers et extérieurs
  • Croisement des flux piétons et engins, angles morts, portes battantes
  • Contrainte de temps : déplacement rapide, mains occupées, téléphone

Les conditions extérieures comptent également : verglas sur un parking, feuilles humides sur une allée, accès mal déneigé. Pour une collectivité disposant de plusieurs sites, ces situations doivent être traitées site par site, car les conditions ne sont jamais identiques d'un équipement à l'autre.

Ce que l'employeur doit organiser

La réglementation impose que les lieux de travail et les voies de circulation soient aménagés et entretenus de manière à permettre une circulation en sécurité. S'y ajoutent les obligations générales : évaluer les risques, transcrire l'évaluation dans le document unique et privilégier les mesures collectives sur les mesures individuelles.

Les modalités concrètes dépendent de la configuration des locaux et de l'activité : elles ne peuvent pas être reprises d'un modèle. C'est la raison pour laquelle un document unique construit sans visite passe systématiquement à côté de ces risques.

Un plan d'action hiérarchisé

PrioritéType de mesureExemples
1Agir sur le local et les équipementsReprise d'un revêtement, marquage des zones, éclairage renforcé, miroir ou vitrage sur porte
2Agir sur l'organisationHoraires de nettoyage hors activité, règle de stockage, plan de circulation, gestion des livraisons
3Agir sur l'entretien courantSignalisation des sols mouillés, contrôle périodique des sols, traitement des extérieurs par temps froid
4Agir sur les personnesChaussures adaptées, sensibilisation, consigne de signalement des anomalies

Le signalement est le point faible le plus fréquent. Une anomalie visible depuis six mois signifie que le circuit de remontée ne fonctionne pas : c'est souvent l'action la plus rentable à corriger.

Analyser les accidents déjà survenus

Chaque chute, même sans arrêt, est une source d'information gratuite. L'analyse consiste à reconstituer la situation : où, quand, pendant quelle tâche, avec quelles conditions de sol, d'éclairage et de charge. La question n'est pas « qui a fait une erreur » mais « qu'est-ce qui a rendu cet événement possible ».

Prenons l'exemple d'un service technique municipal où trois chutes ont eu lieu la même année sur le même site. L'analyse fait apparaître un point commun : le passage entre le vestiaire et l'atelier, en pente légère, non éclairé le matin en hiver et régulièrement encombré de matériel. Aucun des trois comptes rendus ne mentionnait ce détail, parce qu'aucun n'avait été construit sur place.

Structurer la démarche dans la durée

Les chutes de plain-pied se traitent rarement en une fois : elles supposent une reprise régulière des locaux, un suivi des signalements et une actualisation du document unique. C'est exactement ce que couvre l'accompagnement annuel Solution Prévention, avec une visite annuelle, l'actualisation du document, le suivi du plan d'action et l'accès à Prévention Connect, inclus dans l'accompagnement.

Si votre besoin immédiat porte d'abord sur le document unique, vous pouvez savoir quelle prestation DUERP choisir : création ou refonte à partir de 1 200 € HT, mise à jour avec visite à partir de 900 € HT et mise à jour standard à partir de 650 € HT sur DUERP initialement réalisé par Solution Prévention, hors frais de déplacement.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Une chute sans arrêt de travail doit-elle être analysée ?

Oui, c'est même l'analyse la plus utile : les conditions sont les mêmes que celles d'un accident grave, sans les conséquences. Ces événements alimentent utilement le plan d'action.

Des chaussures antidérapantes suffisent-elles ?

Non. Elles constituent une mesure individuelle utile dans certains environnements, mais elles ne remplacent ni la reprise d'un sol inadapté, ni l'organisation du nettoyage, ni la libération des zones de circulation.

Comment inscrire ces risques dans le DUERP ?

En décrivant la situation par unité de travail : local concerné, mécanisme en cause, moment de la journée, mesures déjà en place. Une mention générique « risque de chute » ne permet aucune priorisation.

Les extérieurs et parkings sont-ils concernés ?

Oui lorsqu'ils font partie des lieux de travail ou des accès utilisés dans le cadre professionnel. Les conditions hivernales et l'éclairage doivent y être examinés spécifiquement.

Une collectivité doit-elle évaluer chaque site séparément ?

Une collectivité doit notamment tenir compte de la diversité de ses métiers et de ses sites : écoles, services techniques, équipements sportifs et locaux administratifs ne présentent pas les mêmes configurations, et l'évaluation doit refléter cette diversité.

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