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Risques chimiques

Gaz d'échappement : un risque chimique souvent sous-estimé

Moteurs diesel, engins de chantier, chariots automoteurs ou petits moteurs à essence : de nombreuses situations professionnelles exposent à des concentrations de gaz d'échappement bien supérieures à celles de la population générale. Voici ce qu'il faut savoir pour évaluer et réduire ce risque.

Mis à jour le Davy Loones — Solution Prévention Temps de lecture estimé :

Inspection d'un poste exposé à des produits chimiques en atelier — illustration de l'article sur gaz d'échappement au travail

Les gaz d'échappement contiennent notamment du monoxyde de carbone, du monoxyde et du dioxyde d'azote, ainsi que des particules fines riches en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont certains sont cancérogènes. Si tout un chacun y est exposé dans l'environnement général, certaines situations professionnelles entraînent des expositions très largement supérieures à celles de la population générale.

Qui est concerné ?

Les niveaux d'exposition varient fortement selon l'activité, le type de moteur et surtout le confinement du lieu de travail. Les situations à risque sont nombreuses et parfois peu identifiées comme telles dans le document unique.

  • Salariés travaillant en espaces confinés : travaux souterrains, conduite de chariots diesel en entrepôt
  • Personnel d'entretien ou de contrôle technique des véhicules à moteur
  • Conducteurs d'engins de chantier, de tracteurs agricoles, de poids lourds ou de véhicules légers
  • Personnel travaillant à proximité de ces véhicules : voie publique, cabines de péage, parkings
  • Utilisateurs de petits moteurs à essence (groupes électrogènes, disqueuses, tronçonneuses)
  • Utilisateurs d'engins à moteur à gaz dans des locaux mal ventilés

Les moteurs à essence de petite taille (groupes électrogènes, outils portatifs) génèrent des gaz d'échappement particulièrement riches en monoxyde de carbone. Leur usage en local fermé, même bref, peut créer une situation dangereuse.

Effets sur la santé

Le monoxyde de carbone empêche le sang de transporter correctement l'oxygène et peut provoquer une intoxication aiguë en cas de concentration élevée dans un espace confiné. Les oxydes d'azote irritent les voies respiratoires. Les particules fines, quant à elles, pénètrent profondément dans les poumons et véhiculent des composés dont l'exposition prolongée est associée à un risque accru de pathologies respiratoires et de cancers.

Évaluer le risque dans votre organisation

Situation de travailFacteur aggravantPoint de vigilance
Conduite de chariots diesel en entrepôtConfinement, faible renouvellement d'airVentilation et durée de présence
Travaux souterrains avec enginsEspace clos, volume d'air réduitDétection de CO, ventilation forcée
Entretien de véhicules en atelier ferméMoteur tournant à l'arrêtAspiration des gaz au point d'échappement
Usage de groupes électrogènesLocal non ventiléInterdiction d'usage en espace clos non ventilé

L'évaluation doit recenser les postes concernés, la durée réelle d'exposition et le niveau de confinement du lieu de travail. Ce risque s'intègre à la démarche générale de prévention du risque chimique et doit être tracé dans le document unique.

Mesures de prévention

  • Privilégier, lorsque c'est possible, des engins électriques ou moins émissifs en espace confiné
  • Assurer une ventilation efficace des locaux où circulent des véhicules ou engins à moteur thermique
  • Interdire de laisser tourner un moteur à l'arrêt dans un local fermé
  • Installer une aspiration à la source lors des opérations d'entretien de véhicules
  • Mettre en place une détection de monoxyde de carbone dans les espaces confinés à risque
  • Former les salariés aux signes d'une intoxication au monoxyde de carbone

Une organisation qui limite l'exposition

Au-delà des équipements, l'organisation du travail joue un rôle déterminant : limiter le temps passé à proximité des sources d'émission, planifier les opérations d'entretien dans des zones ventilées, et vérifier régulièrement l'état des systèmes d'échappement des véhicules et engins utilisés.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Le monoxyde de carbone est-il détectable à l'odeur ?

Non, le monoxyde de carbone est un gaz inodore et incolore, ce qui rend son danger particulièrement insidieux. Seule une détection instrumentée permet d'objectiver sa présence dans l'air.

Un chariot automoteur diesel utilisé en entrepôt est-il concerné ?

Oui, c'est l'une des situations les plus exposantes identifiées, notamment lorsque le temps passé en intérieur est important et que la ventilation du bâtiment est limitée.

Faut-il un mesurage spécifique pour évaluer ce risque ?

Un mesurage peut être nécessaire lorsque le doute persiste sur le niveau d'exposition, en particulier en espace confiné. Il vient objectiver l'évaluation qualitative des situations de travail.

Comment ce risque s'intègre-t-il au document unique ?

Il doit être identifié comme une composante du risque chimique, avec les postes concernés, la nature de l'exposition et les mesures de prévention déjà mises en place ou à engager.

Aller plus loin

Intégrer ce risque à votre document unique

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