Les gaz d'échappement contiennent notamment du monoxyde de carbone, du monoxyde et du dioxyde d'azote, ainsi que des particules fines riches en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont certains sont cancérogènes. Si tout un chacun y est exposé dans l'environnement général, certaines situations professionnelles entraînent des expositions très largement supérieures à celles de la population générale.
Qui est concerné ?
Les niveaux d'exposition varient fortement selon l'activité, le type de moteur et surtout le confinement du lieu de travail. Les situations à risque sont nombreuses et parfois peu identifiées comme telles dans le document unique.
- Salariés travaillant en espaces confinés : travaux souterrains, conduite de chariots diesel en entrepôt
- Personnel d'entretien ou de contrôle technique des véhicules à moteur
- Conducteurs d'engins de chantier, de tracteurs agricoles, de poids lourds ou de véhicules légers
- Personnel travaillant à proximité de ces véhicules : voie publique, cabines de péage, parkings
- Utilisateurs de petits moteurs à essence (groupes électrogènes, disqueuses, tronçonneuses)
- Utilisateurs d'engins à moteur à gaz dans des locaux mal ventilés
Les moteurs à essence de petite taille (groupes électrogènes, outils portatifs) génèrent des gaz d'échappement particulièrement riches en monoxyde de carbone. Leur usage en local fermé, même bref, peut créer une situation dangereuse.
Effets sur la santé
Le monoxyde de carbone empêche le sang de transporter correctement l'oxygène et peut provoquer une intoxication aiguë en cas de concentration élevée dans un espace confiné. Les oxydes d'azote irritent les voies respiratoires. Les particules fines, quant à elles, pénètrent profondément dans les poumons et véhiculent des composés dont l'exposition prolongée est associée à un risque accru de pathologies respiratoires et de cancers.
Évaluer le risque dans votre organisation
| Situation de travail | Facteur aggravant | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Conduite de chariots diesel en entrepôt | Confinement, faible renouvellement d'air | Ventilation et durée de présence |
| Travaux souterrains avec engins | Espace clos, volume d'air réduit | Détection de CO, ventilation forcée |
| Entretien de véhicules en atelier fermé | Moteur tournant à l'arrêt | Aspiration des gaz au point d'échappement |
| Usage de groupes électrogènes | Local non ventilé | Interdiction d'usage en espace clos non ventilé |
L'évaluation doit recenser les postes concernés, la durée réelle d'exposition et le niveau de confinement du lieu de travail. Ce risque s'intègre à la démarche générale de prévention du risque chimique et doit être tracé dans le document unique.
Mesures de prévention
- Privilégier, lorsque c'est possible, des engins électriques ou moins émissifs en espace confiné
- Assurer une ventilation efficace des locaux où circulent des véhicules ou engins à moteur thermique
- Interdire de laisser tourner un moteur à l'arrêt dans un local fermé
- Installer une aspiration à la source lors des opérations d'entretien de véhicules
- Mettre en place une détection de monoxyde de carbone dans les espaces confinés à risque
- Former les salariés aux signes d'une intoxication au monoxyde de carbone
Une organisation qui limite l'exposition
Au-delà des équipements, l'organisation du travail joue un rôle déterminant : limiter le temps passé à proximité des sources d'émission, planifier les opérations d'entretien dans des zones ventilées, et vérifier régulièrement l'état des systèmes d'échappement des véhicules et engins utilisés.
