Selon l'enquête Sumer 2017, environ 444 200 salariés déclarent être exposés aux poussières de bois dans le cadre de leur travail. La filière bois n'est pas la seule concernée : environ un tiers des personnes exposées travaillent dans le secteur de la construction, notamment lors d'opérations de découpe, ponçage ou usinage.
Les poussières de bois, quelles qu'elles soient, sont susceptibles de provoquer des maladies à court terme et des cancers des dizaines d'années après l'exposition. Elles représentent l'une des causes les plus importantes de cancers reconnus d'origine professionnelle, après notamment les cancers liés à l'amiante.
Un classement cancérogène qui change tout
Les poussières de bois, quel que soit le type de bois, sont classées cancérogènes du groupe 1 (cancérogène avéré pour l'homme). Les travaux exposant aux poussières de bois inhalables figurent dans la liste réglementaire des travaux ou procédés exposant à des agents cancérogènes. Ce sont donc les règles de prévention spécifiques aux agents cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR) qui s'appliquent.
Ce classement s'applique à tous les types de bois, y compris les bois considérés comme moins agressifs. Il n'existe pas de bois dont la poussière serait sans risque cancérogène identifié.
Effets sur la santé
Les poussières de bois peuvent induire des pathologies respiratoires et cutanées. Le dépôt répété de poussières dans les voies respiratoires supérieures peut être à l'origine de cancers naso-sinusiens, c'est-à-dire de cancers primitifs des cavités nasales et sinusiennes. Ces cancers peuvent apparaître plusieurs décennies après le début de l'exposition, ce qui rend la traçabilité des expositions passées particulièrement importante.
Secteurs et métiers concernés
- Menuiserie, ébénisterie et fabrication de meubles
- Charpente et construction bois
- Secteur de la construction : découpe, ponçage sur chantier
- Fabrication de panneaux et de produits dérivés du bois
- Métiers de la restauration et de l'entretien de mobilier ancien
Réduire les émissions en priorité
Pour prévenir les risques, il faut en priorité réduire les émissions de poussières, avant même de recourir à la protection individuelle. Cette hiérarchie correspond aux principes généraux de prévention applicables à tous les agents chimiques dangereux et cancérogènes.
| Niveau d'action | Mesure | Exemple concret |
|---|---|---|
| Suppression / substitution | Limiter les opérations génératrices de poussières | Privilégier des matériaux préusinés |
| Captation à la source | Aspiration sur les machines | Table d'aspiration sur ponceuse et scie |
| Ventilation générale | Renouveler l'air de l'atelier | Extraction et apport d'air neuf |
| Protection individuelle | Protection respiratoire adaptée | Masque à ventilation assistée en dernier recours |
- Capoter et aspirer chaque machine génératrice de poussières dès sa conception ou son achat
- Entretenir régulièrement les systèmes d'aspiration pour conserver leur efficacité
- Nettoyer par aspiration plutôt que par balayage ou soufflage
- Former les salariés au risque cancérogène et aux règles de prévention spécifiques
- Assurer un suivi individuel de l'état de santé adapté aux expositions cancérogènes
Traçabilité et document unique
Le classement cancérogène des poussières de bois impose une traçabilité renforcée des expositions : liste des salariés concernés, nature des postes, durée d'exposition et mesures de prévention mises en œuvre. Cette traçabilité doit être intégrée au document unique et conservée dans la durée, car les effets sur la santé peuvent survenir bien après la fin de l'exposition.
