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Risques chimiques

Qualité de l'air intérieur : un enjeu de santé au travail

Matériaux, mobilier, humidité ou pollution extérieure : de nombreuses sources dégradent la qualité de l'air respiré dans les locaux de travail, sans lien direct avec une activité industrielle. Même à faible dose, une exposition prolongée peut affecter la santé et les conditions de travail.

Mis à jour le Davy Loones — Solution Prévention Temps de lecture estimé :

Inspection d'un poste exposé à des produits chimiques en atelier — illustration de l'article sur qualité de l'air intérieur

Dans les locaux de travail, l'air peut être pollué par des agents chimiques ou biologiques provenant des personnes, des matériaux constituant le bâtiment ou le mobilier, des objets de décoration, d'objets stockés en grande quantité, ou encore de l'extérieur. On parle de qualité de l'air intérieur (QAI) pour qualifier l'atmosphère des locaux dans lesquels la pollution n'est pas liée directement à une activité professionnelle spécifique, comme l'utilisation de produits chimiques ou la mise en œuvre de procédés industriels.

À l'intérieur des bâtiments, l'exposition à de multiples substances chimiques ou à des micro-organismes tels que les moisissures, même à de faibles doses, peut influer sur les conditions de travail et conduire, sur des temps longs, à un risque chronique pour la santé.

D'où vient la pollution de l'air intérieur ?

  • Matériaux de construction et de décoration : peintures, colles, revêtements
  • Mobilier et équipements neufs, sources de composés organiques volatils
  • Humidité et développement de moisissures
  • Occupants eux-mêmes : dioxyde de carbone, activité métabolique
  • Objets stockés en grande quantité dans les locaux
  • Air extérieur introduit sans épuration en cas de pollution ambiante importante

Les cinq leviers d'une bonne qualité d'air

La bonne qualité de l'air dans les locaux de travail repose sur cinq actions complémentaires, qui s'appliquent aussi bien à la construction et la rénovation qu'à l'exploitation courante des bâtiments.

ActionObjectifMoment clé
Choisir des matériaux peu émissifsLimiter les sources de pollution à l'origineConstruction, rénovation, achat de mobilier
Rechercher et éliminer les sources d'humiditéPrévenir le développement de moisissuresEntretien courant du bâtiment
Assurer une ventilation efficaceRenouveler l'air en fonction du nombre d'occupantsConception et exploitation quotidienne
Épurer l'air en cas de pollution extérieure élevéeProtéger les occupants des apports extérieurs polluésZones urbaines ou industrielles denses
Maintenir l'installation de ventilationConserver les performances dans le tempsMaintenance périodique

Une ventilation performante à la conception perd rapidement en efficacité sans entretien régulier : filtres encrassés, bouches obstruées ou débits mal réglés réduisent le renouvellement d'air réel, parfois sans que cela soit visible au quotidien.

Effets sur la santé et le travail

Une mauvaise qualité de l'air intérieur peut se traduire par des irritations, une fatigue accrue, des maux de tête ou une dégradation du confort ressenti par les occupants. Sur le long terme, l'exposition chronique à certains polluants ou aux moisissures peut avoir des conséquences plus marquées sur la santé respiratoire.

Agir dans votre organisation

  • Vérifier le dimensionnement de la ventilation par rapport au nombre réel d'occupants
  • Planifier l'entretien et le nettoyage régulier des systèmes de ventilation
  • Traiter rapidement toute source d'humidité constatée dans les locaux
  • Privilégier des matériaux et du mobilier faiblement émissifs lors des achats et travaux
  • Sensibiliser les occupants aux bons gestes : aération, limitation du stockage encombrant

Cette démarche s'inscrit dans la même logique que la prévention du risque chimique au sens large : identifier les sources, évaluer l'exposition et agir en priorité sur l'origine du problème plutôt que sur ses seules conséquences.

Un sujet à intégrer à votre démarche de prévention

Même lorsqu'aucune activité industrielle n'est en cause, la qualité de l'air intérieur mérite d'être considérée dans l'évaluation des conditions de travail, en particulier dans les bâtiments anciens, mal ventilés ou récemment rénovés avec des matériaux émissifs.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

La qualité de l'air intérieur concerne-t-elle uniquement les usines ?

Non. Elle concerne tous les locaux de travail, y compris les bureaux, où la pollution provient des matériaux, du mobilier, de l'humidité ou des occupants eux-mêmes, sans lien avec une activité industrielle.

Comment savoir si la ventilation de mes locaux est suffisante ?

Il convient de vérifier que les débits d'air neuf sont adaptés au nombre d'occupants et que l'installation est entretenue régulièrement. Un contrôle ou diagnostic permet d'objectiver la situation en cas de doute.

Les moisissures sont-elles un simple problème esthétique ?

Non, leur présence traduit un problème d'humidité qui peut avoir des conséquences sur la santé respiratoire des occupants. Elles doivent être traitées à la source, en identifiant et supprimant l'origine de l'humidité.

Faut-il inscrire la qualité de l'air intérieur au document unique ?

Cela peut être pertinent, en particulier si des plaintes récurrentes sont formulées par les salariés ou si le bâtiment présente des caractéristiques susceptibles d'affecter la qualité de l'air.

Aller plus loin

Intégrer la qualité de l'air à votre démarche de prévention

Nous vous aidons à identifier les facteurs affectant la qualité de l'air de vos locaux et à les intégrer à votre document unique.

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