Dans les locaux de travail, l'air peut être pollué par des agents chimiques ou biologiques provenant des personnes, des matériaux constituant le bâtiment ou le mobilier, des objets de décoration, d'objets stockés en grande quantité, ou encore de l'extérieur. On parle de qualité de l'air intérieur (QAI) pour qualifier l'atmosphère des locaux dans lesquels la pollution n'est pas liée directement à une activité professionnelle spécifique, comme l'utilisation de produits chimiques ou la mise en œuvre de procédés industriels.
À l'intérieur des bâtiments, l'exposition à de multiples substances chimiques ou à des micro-organismes tels que les moisissures, même à de faibles doses, peut influer sur les conditions de travail et conduire, sur des temps longs, à un risque chronique pour la santé.
D'où vient la pollution de l'air intérieur ?
- Matériaux de construction et de décoration : peintures, colles, revêtements
- Mobilier et équipements neufs, sources de composés organiques volatils
- Humidité et développement de moisissures
- Occupants eux-mêmes : dioxyde de carbone, activité métabolique
- Objets stockés en grande quantité dans les locaux
- Air extérieur introduit sans épuration en cas de pollution ambiante importante
Les cinq leviers d'une bonne qualité d'air
La bonne qualité de l'air dans les locaux de travail repose sur cinq actions complémentaires, qui s'appliquent aussi bien à la construction et la rénovation qu'à l'exploitation courante des bâtiments.
| Action | Objectif | Moment clé |
|---|---|---|
| Choisir des matériaux peu émissifs | Limiter les sources de pollution à l'origine | Construction, rénovation, achat de mobilier |
| Rechercher et éliminer les sources d'humidité | Prévenir le développement de moisissures | Entretien courant du bâtiment |
| Assurer une ventilation efficace | Renouveler l'air en fonction du nombre d'occupants | Conception et exploitation quotidienne |
| Épurer l'air en cas de pollution extérieure élevée | Protéger les occupants des apports extérieurs pollués | Zones urbaines ou industrielles denses |
| Maintenir l'installation de ventilation | Conserver les performances dans le temps | Maintenance périodique |
Une ventilation performante à la conception perd rapidement en efficacité sans entretien régulier : filtres encrassés, bouches obstruées ou débits mal réglés réduisent le renouvellement d'air réel, parfois sans que cela soit visible au quotidien.
Effets sur la santé et le travail
Une mauvaise qualité de l'air intérieur peut se traduire par des irritations, une fatigue accrue, des maux de tête ou une dégradation du confort ressenti par les occupants. Sur le long terme, l'exposition chronique à certains polluants ou aux moisissures peut avoir des conséquences plus marquées sur la santé respiratoire.
Agir dans votre organisation
- Vérifier le dimensionnement de la ventilation par rapport au nombre réel d'occupants
- Planifier l'entretien et le nettoyage régulier des systèmes de ventilation
- Traiter rapidement toute source d'humidité constatée dans les locaux
- Privilégier des matériaux et du mobilier faiblement émissifs lors des achats et travaux
- Sensibiliser les occupants aux bons gestes : aération, limitation du stockage encombrant
Cette démarche s'inscrit dans la même logique que la prévention du risque chimique au sens large : identifier les sources, évaluer l'exposition et agir en priorité sur l'origine du problème plutôt que sur ses seules conséquences.
Un sujet à intégrer à votre démarche de prévention
Même lorsqu'aucune activité industrielle n'est en cause, la qualité de l'air intérieur mérite d'être considérée dans l'évaluation des conditions de travail, en particulier dans les bâtiments anciens, mal ventilés ou récemment rénovés avec des matériaux émissifs.
