La silice cristalline est un composant naturel de nombreux matériaux : béton, mortier, pierre naturelle, grès, granit, ardoise ou encore certains sables. Elle ne devient dangereuse que sous forme de poussières très fines, dites alvéolaires, capables de pénétrer profondément dans les poumons.
Ces poussières sont libérées par des opérations courantes : découpe, meulage, perçage, sciage, burinage ou décapage. Le risque concerne donc de nombreux corps de métier du bâtiment et des travaux publics, ainsi que certains ateliers de transformation de pierre.
Des effets sur la santé graves et différés
L'inhalation répétée de poussières de silice cristalline alvéolaire peut provoquer la silicose, une maladie pulmonaire irréversible qui réduit progressivement la capacité respiratoire. Ces poussières sont également classées parmi les agents CMR reconnus cancérogènes pour les voies respiratoires.
Les effets n'apparaissent généralement pas dans l'immédiat. L'absence de symptôme au moment de l'exposition ne signifie pas absence de risque : c'est précisément ce qui rend la prévention indispensable dès les premières opérations concernées.
Identifier les opérations à risque
- Découpe et meulage de béton, de pierre naturelle ou de matériaux composites
- Perçage et burinage de maçonneries
- Sciage à sec de dalles, carrelages ou éléments en béton
- Décapage et démolition de structures en maçonnerie
- Manutention et ensachage de sables et granulats fins
Le travail à sec génère nettement plus de poussières fines que le travail par voie humide. La durée et la fréquence de ces opérations, ainsi que le confinement du lieu de travail, influencent directement le niveau d'exposition.
Les mesures de prévention à privilégier
| Mesure | Exemple concret | Effet attendu |
|---|---|---|
| Travail par voie humide | Arrosage au point de découpe ou de meulage | Réduction importante de l'émission de poussières fines |
| Captage à la source | Outils équipés d'aspiration intégrée | Limitation de la dispersion dans l'air ambiant |
| Organisation du chantier | Zone dédiée, ventilation, réduction du nombre de personnes exposées | Diminution du nombre de personnes concernées |
| Protection respiratoire | Appareil de protection respiratoire adapté au niveau d'empoussièrement | Dernier rempart en complément des mesures précédentes |
Ces mesures s'appliquent selon la hiérarchie générale de prévention : on agit d'abord sur le procédé et la source d'émission, avant de recourir à la protection individuelle.
Formation, information et suivi médical
Les personnes exposées doivent être informées du risque, formées aux bonnes pratiques (travail humide, port et entretien des protections respiratoires) et bénéficier d'un suivi médical adapté à une exposition à un agent cancérogène.
Ce risque doit être formalisé dans le document unique, avec les opérations concernées, les personnes exposées et les mesures mises en œuvre, dans la continuité de l'évaluation du risque chimique de l'entreprise.
