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Risques chimiques

Silice cristalline : un risque invisible mais bien réel

Le simple fait de découper, meuler ou percer certains matériaux libère des poussières de silice cristalline, classées cancérogènes lorsqu'elles sont inhalées. Le risque est présent sur de nombreux chantiers et ateliers sans être toujours identifié. Voici les points essentiels pour l'évaluer et le réduire.

Mis à jour le Davy Loones — Solution Prévention Temps de lecture estimé :

Inspection d'un poste exposé à des produits chimiques en atelier — illustration de l'article sur silice cristalline

La silice cristalline est un composant naturel de nombreux matériaux : béton, mortier, pierre naturelle, grès, granit, ardoise ou encore certains sables. Elle ne devient dangereuse que sous forme de poussières très fines, dites alvéolaires, capables de pénétrer profondément dans les poumons.

Ces poussières sont libérées par des opérations courantes : découpe, meulage, perçage, sciage, burinage ou décapage. Le risque concerne donc de nombreux corps de métier du bâtiment et des travaux publics, ainsi que certains ateliers de transformation de pierre.

Des effets sur la santé graves et différés

L'inhalation répétée de poussières de silice cristalline alvéolaire peut provoquer la silicose, une maladie pulmonaire irréversible qui réduit progressivement la capacité respiratoire. Ces poussières sont également classées parmi les agents CMR reconnus cancérogènes pour les voies respiratoires.

Les effets n'apparaissent généralement pas dans l'immédiat. L'absence de symptôme au moment de l'exposition ne signifie pas absence de risque : c'est précisément ce qui rend la prévention indispensable dès les premières opérations concernées.

Identifier les opérations à risque

  • Découpe et meulage de béton, de pierre naturelle ou de matériaux composites
  • Perçage et burinage de maçonneries
  • Sciage à sec de dalles, carrelages ou éléments en béton
  • Décapage et démolition de structures en maçonnerie
  • Manutention et ensachage de sables et granulats fins

Le travail à sec génère nettement plus de poussières fines que le travail par voie humide. La durée et la fréquence de ces opérations, ainsi que le confinement du lieu de travail, influencent directement le niveau d'exposition.

Les mesures de prévention à privilégier

MesureExemple concretEffet attendu
Travail par voie humideArrosage au point de découpe ou de meulageRéduction importante de l'émission de poussières fines
Captage à la sourceOutils équipés d'aspiration intégréeLimitation de la dispersion dans l'air ambiant
Organisation du chantierZone dédiée, ventilation, réduction du nombre de personnes exposéesDiminution du nombre de personnes concernées
Protection respiratoireAppareil de protection respiratoire adapté au niveau d'empoussièrementDernier rempart en complément des mesures précédentes

Ces mesures s'appliquent selon la hiérarchie générale de prévention : on agit d'abord sur le procédé et la source d'émission, avant de recourir à la protection individuelle.

Formation, information et suivi médical

Les personnes exposées doivent être informées du risque, formées aux bonnes pratiques (travail humide, port et entretien des protections respiratoires) et bénéficier d'un suivi médical adapté à une exposition à un agent cancérogène.

Ce risque doit être formalisé dans le document unique, avec les opérations concernées, les personnes exposées et les mesures mises en œuvre, dans la continuité de l'évaluation du risque chimique de l'entreprise.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

Tous les matériaux de construction contiennent-ils de la silice cristalline ?

Non, mais elle est présente dans de nombreux matériaux courants comme le béton, le mortier, le grès, le granit ou certains sables. Le risque dépend surtout du fait que le matériau soit découpé, meulé ou percé à sec.

Le travail par voie humide suffit-il à supprimer le risque ?

Il réduit fortement l'émission de poussières mais ne l'élimine pas totalement. Il doit être combiné, selon les situations, avec un captage à la source et, si nécessaire, une protection respiratoire adaptée.

La silicose est-elle réversible ?

Non, la silicose est une maladie pulmonaire irréversible qui s'aggrave avec la poursuite de l'exposition. C'est pourquoi la prévention doit intervenir en amont, avant l'apparition de tout symptôme.

Comment intégrer ce risque au document unique ?

En listant les opérations générant des poussières de silice, les matériaux concernés, la fréquence des tâches, les personnes exposées et les mesures de prévention retenues, avec leur suivi dans le temps.

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Structurer la prévention du risque silice

Nous vous aidons à repérer les opérations exposant à la silice cristalline et à mettre en place des mesures de prévention adaptées à votre activité.

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