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Accidents et sécurité

Risque routier professionnel : agir sur l'organisation, pas seulement sur le conducteur

La route reste la première cause d'accidents mortels du travail. Ce risque échappe au regard direct de l'employeur, ce qui conduit souvent à le réduire à la responsabilité individuelle du conducteur. Or l'essentiel se joue en amont : dans les plannings, les véhicules et les usages du téléphone.

Mis à jour le Davy Loones — Solution Prévention Temps de lecture estimé :

Analyse de sécurité après un incident sur le lieu de travail — illustration de l'article sur risque routier professionnel

Le risque routier professionnel est la première cause d'accidents mortels liés au travail en France. Il concerne aussi bien les métiers de la route que les fonctions administratives, commerciales ou techniques qui se déplacent occasionnellement.

Sa spécificité : il se réalise hors des locaux, sans témoin hiérarchique, dans un environnement que l'employeur ne maîtrise pas. Cette distance conduit fréquemment à l'écarter du document unique, alors qu'il devrait y figurer au même titre que les autres.

Trajet et mission : deux réalités distinctes

Accident de trajetAccident de mission
SituationDomicile ↔ lieu de travail ou lieu de restaurationDéplacement effectué pour le compte de l'employeur
QualificationAccident de trajetAccident du travail
Levier de l'employeurIndirect : horaires, télétravail, stationnement, mobilitésDirect : organisation, véhicules, plannings, consignes

Cette distinction a des conséquences en matière de reconnaissance et de tarification. Elle ne doit toutefois pas servir à écarter le trajet de la réflexion : les horaires imposés et l'organisation du travail influencent aussi les conditions de trajet.

Les quatre leviers de prévention

L'approche reconnue s'appuie sur quatre domaines complémentaires. Agir sur un seul, notamment la sensibilisation des conducteurs, produit peu d'effet durable.

1. Les déplacements eux-mêmes

  • Réduire le nombre de déplacements : visioconférence, regroupement des rendez-vous
  • Planifier des trajets réalistes, marges comprises, sans enchaînement intenable
  • Privilégier le train ou les transports collectifs quand ils sont pertinents
  • Éviter les départs trop matinaux et les retours tardifs après une journée dense

2. Les véhicules

  • Choisir des véhicules adaptés à l'usage réel et correctement équipés
  • Assurer un entretien préventif et un suivi des contrôles
  • Sécuriser le chargement : cloison de séparation, arrimage, charge utile respectée
  • Vérifier l'état des pneumatiques, premier facteur technique d'accident

3. Les communications

Le téléphone au volant multiplie fortement le risque d'accident, y compris en kit mains libres, car la charge attentionnelle demeure. Un protocole de communication écrit protège le conducteur autant que l'employeur.

Un protocole efficace tient en trois règles : personne n'appelle un collègue susceptible de conduire, les appels ne sont pas pris en roulant, aucun reproche n'est fait à une personne qui rappelle plus tard.

4. Les compétences

  • Vérifier la validité des permis de manière régulière et formalisée
  • Former à la conduite en sécurité, notamment les nouveaux entrants
  • Sensibiliser à la fatigue, aux médicaments et à l'alcool
  • Analyser les accidents et les presque-accidents pour corriger l'organisation

Inscrire le risque routier au document unique

L'évaluation doit décrire les situations réelles : nature des déplacements, kilométrage annuel, horaires, conditions météorologiques rencontrées, contraintes de délai. Le plan d'action reprend ensuite les mesures d'organisation, les investissements et les actions de formation retenues.

Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet

L'accident de trajet est-il un accident du travail ?

Non, il relève d'un régime distinct. L'accident survenu lors d'un déplacement effectué pour le compte de l'employeur, en revanche, est un accident du travail à part entière.

Le kit mains libres est-il autorisé ?

L'oreillette et le kit tenus ou portés à l'oreille sont interdits. Même avec un dispositif intégré au véhicule, la conversation détourne l'attention : la seule pratique réellement sûre reste de ne pas téléphoner en conduisant.

L'employeur peut-il être responsable d'un accident de mission ?

Oui. Des plannings intenables, un véhicule mal entretenu ou une pression à répondre au téléphone peuvent être retenus comme des manquements à l'obligation de sécurité.

Faut-il évaluer le risque routier même sans véhicule de service ?

Oui, dès lors que des personnes se déplacent pour le travail, y compris avec leur véhicule personnel. Le mode de mise à disposition ne modifie pas l'obligation d'évaluation.

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