Les chutes de hauteur se distinguent des autres risques par la gravité de leurs conséquences. Une chute de deux mètres suffit à provoquer des lésions irréversibles. Elles représentent chaque année une part importante des accidents mortels du travail, tous secteurs confondus.
Contrairement à une idée répandue, la majorité de ces accidents ne concerne pas de grandes hauteurs ni des travaux exceptionnels. Ils surviennent lors d'opérations brèves : changer une ampoule, atteindre un rayonnage, accéder à une toiture pour un contrôle, décharger un véhicule.
Repérer toutes les situations concernées
Le Code du travail ne fixe pas de hauteur minimale déclenchant les obligations : dès qu'il existe une différence de niveau, le risque doit être évalué. L'inventaire doit donc dépasser le seul chantier.
- Accès aux toitures, terrasses techniques, verrières et zones fragiles
- Utilisation d'échelles, escabeaux, marchepieds et plateformes individuelles
- Montage, utilisation et démontage d'échafaudages
- Travail sur plateforme élévatrice mobile de personnel (PEMP)
- Chargement et déchargement, hayons, quais, dessus de citernes
- Trémies, fosses, ouvertures non protégées et zones de stockage en hauteur
Respecter la hiérarchie des protections
L'ordre imposé par la réglementation est clair et il est trop souvent inversé sur le terrain. Le harnais ne doit intervenir qu'en dernier recours, lorsque les solutions précédentes sont impossibles.
| Priorité | Solution | Exemples |
|---|---|---|
| 1 | Éviter le travail en hauteur | Maintenance depuis le sol, perche télescopique, équipement déporté |
| 2 | Protection collective permanente | Garde-corps, passerelles, plateformes fixes, protection des trémies |
| 3 | Protection collective temporaire | Échafaudage, PEMP, filet de sécurité |
| 4 | Protection individuelle | Harnais antichute relié à un point d'ancrage vérifié |
L'échelle et l'escabeau ne sont pas des postes de travail. Ils constituent des moyens d'accès et ne peuvent servir de position de travail que pour des interventions de courte durée, non répétitives, sans manutention et à faible risque.
Le harnais : une solution exigeante
Un système d'arrêt de chute ne se réduit pas à l'achat d'un harnais. Il suppose un point d'ancrage dimensionné et contrôlé, un tirant d'air suffisant, un réglage correct, une formation et surtout une procédure de secours : une personne suspendue doit être dégagée en quelques minutes.
- Point d'ancrage identifié, vérifié et adapté à l'effort d'arrêt de chute
- Tirant d'air calculé pour que la personne ne heurte pas le sol ou un obstacle
- Vérification de l'état du harnais et des longes avant chaque usage
- Formation au port, au réglage et aux limites du dispositif
- Procédure de secours écrite et testée, personne jamais seule
Vérifications et traçabilité
Les équipements de travail en hauteur font l'objet de vérifications périodiques et de contrôles avant remise en service. Les échafaudages doivent être vérifiés avant première utilisation, après toute modification et à intervalles réguliers, par une personne compétente.
Ces vérifications se consignent. En cas d'accident, l'absence de traçabilité rend très difficile la démonstration que l'employeur a rempli son obligation de sécurité.
