Une unité de travail n'est pas un service de l'organigramme, ni un poste isolé. C'est un regroupement de salariés exposés à des risques comparables, dans des conditions de travail comparables. Le critère décisif n'est donc pas administratif, il est opérationnel.
C'est aussi le premier point qu'un inspecteur du travail, un médecin du travail ou un juge regarde : si le découpage ne permet pas d'identifier qui est exposé à quoi, l'évaluation perd sa portée.
Trois critères simples pour découper
La nature de l'activité réellement exercée
Deux personnes du même service peuvent relever d'unités différentes : un technicien en atelier et un technicien en intervention chez le client ne subissent ni les mêmes risques de circulation, ni les mêmes contraintes d'isolement.
Le lieu et les conditions d'exercice
Un même métier exercé sur deux sites, en extérieur ou en local fermé, de jour ou de nuit, justifie souvent une distinction. Les conditions font le risque autant que la tâche.
L'homogénéité de l'exposition
Si, à l'intérieur d'un regroupement, certains sont exposés à un produit chimique et d'autres non, l'unité n'est pas homogène. Il faut soit scinder, soit décrire précisément les situations de travail concernées.
Ordre de grandeur observé : une entreprise de trente personnes se décrit généralement bien avec quatre à huit unités de travail. Au-delà de quinze unités dans une PME, le document devient difficile à maintenir.
Exemples de découpage
| Structure | Découpage pertinent | Pourquoi |
|---|---|---|
| PME industrielle, 45 personnes | Production, maintenance, logistique/expédition, administratif, direction commerciale itinérante | Risques machines, manutention, circulation et routier nettement distincts |
| Association médico-sociale multi-sites | Accompagnement en établissement, intervention à domicile, services généraux, administratif — par site | Isolement, déplacements et agressions externes variables selon le lieu |
| Commune, services techniques | Espaces verts, voirie, bâtiment, propreté, restauration scolaire, écoles/ATSEM, administratif | Métiers très différents, expositions chimiques et physiques spécifiques |
| Entreprise de services, 12 personnes | Fonctions sédentaires sur écran, fonctions itinérantes | Distinction principale : sédentarité/écran contre risque routier |
Cinq erreurs fréquentes
Recopier l'organigramme : les services administratifs sont détaillés, l'atelier tient en une ligne
Créer une unité par salarié, ce qui rend la mise à jour impossible et pose des questions de confidentialité
Oublier les situations transverses : astreintes, travail isolé, interventions d'entreprises extérieures
Ignorer les intérimaires, alternants et stagiaires, souvent les plus exposés
Figer le découpage pendant cinq ans alors que l'organisation a changé
Méthode pratique en quatre temps
Lister les activités réelles à partir des plannings et des tâches, pas des intitulés de poste
Regrouper celles qui partagent lieux, matériels et contraintes
Confronter le découpage à l'encadrement de proximité et à quelques salariés : c'est là que les écarts apparaissent
Vérifier que chaque personne de l'entreprise appartient à une unité et une seule, ou que ses situations multiples sont décrites
Une fois le découpage stabilisé, l'évaluation et la cotation deviennent nettement plus rapides. Le sujet de la cotation est traité dans notre article sur l'évaluation des risques professionnels, et la construction complète du document sur la page DUERP.
Le découpage se maintient dans le temps
Chaque création de poste, chaque nouveau site, chaque externalisation modifie la carte. Centraliser les unités, les risques et les actions dans un même environnement évite de reconstruire le découpage à chaque mise à jour : c'est l'un des usages courants de Prévention Connect. Pour les organisations qui souhaitent être accompagnées toute l'année, l'accompagnement annuel intègre cette actualisation.
